La notation algébrique

Ce n’est pas le PGN, mais c’en est la base !
jeudi 6 octobre 2022
par  Gabriel, Olivier

La notation algébrique ? Késako ? Mais je déteste l’algèbre moi !

Rien de bien mathématiques, il s’agit de la notation qu’on utilise sur nos feuilles de parties !
Habituellement, vous n’écrivez que deux coups par ligne, et chaque ligne est numérotée.
Elle est expliquée dans l’Annexe C. La notation algébrique des Règles du jeu que vous pouvez récupérer dans les documents sur le site de la Direction National de l’Arbitrage.
C’est aussi la notation utilisée dans les fichiers PGN mais il y a avec quelques différences.

Noter un coup

Il s’agit de nommer la pièce par -généralement- la première lettre en majuscule de son nom (voir Tableau plus bas) ainsi que de désigner sa case d’arrivée : une lettre minuscule pour la colonne suivie d’un chiffre indiquant la ligne.

Nom des cases

Par exemple Te4 équivaut à la Tour va en colonne e ligne 4.

Noter un coup de pion

Dans ce cas, on ne note que la destination. Ainsi, beaucoup de débuts de parties commencent par e4 indiquant l’avancée du pion e2 en e4.
Les pions étant des super héros, ils ont un coup spécial : la promotion. Le déplacement du pion en ligne 8 ou 1 se fait exactement de la même façon. Mais d’un égal =, nous indiquons qu’il y a promotion et enfin, nous indiquons la pièce de promotion choisie.
a8=D indiquera ainsi la promotion en Cavalier du pion que nous venons de déplacer en a8.

Noter une prise

On note la pièce de départ et la position d’arrivée séparée par un x.
Txe4 indique donc que la Tour prend en e4.
On peut éventuellement préciser la pièce prise.
TxCe4 indique donc que la Tour prend le Cavalier en e4.

D’autres coups ?

0-0 indiquera un petit roque
0-0-0 indiquera un grand roque.
(=) indiquera une proposition de nulle (après le coup joué)

Et si 2 pièces correspondent au coup ?

Si une ambiguïté existe, on notera la ligne ou la colonne de départ selon le cas, avant la position d’arrivée.
Par exemple, si on a une Tour en a4 et une Tour en e1, Tae4 indique que la Tour se situant en colonne a a été déplacée en e4.
A noter que T4e4 fonctionne aussi dans ce cas là : la Tour se situant en ligne 4 a été déplacée en e4.
Si on a une Tour en a4 et la seconde en h4, et qu’on déplace la Tour h4 en e4, nous serons obligés de noter The4, car T4e4 ne permet pas de déterminer quelle Tour a bougé.

GG :

quand les 2 sont possibles, on privilégie généralement la colonne à la ligne, notamment dans le format PGN

Les numéro de lignes

Plutôt que de nous faire noter deux coups par ligne, le notation algébrique nous permet d’indiquer le numéro de ligne suivi d’un point :
1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fc4

J’ai gagné !

L’échec se note + après le coup qui provoque l’échec.
Le mat se note # après le coup qui provoque le mat.

Après la victoire des blancs, il faut noter 1-0 après la liste de coups.
Après la victoire des noirs, il faut noter 0-1 après la liste de coups.
Après une nulle (acceptée/forcée...), on notera 1/2-1/2.
Dans le format PGN, il existe une autre "fin" de la zone de notation algébrique : on notera * si la partie n’est pas terminée. C’est par exemple le cas si vous faites un PGN pour lister votre répertoire d’ouverture.

Exercices

Que veut dire f2 ?

Un pion est arrivé en f2. Par déduction, le coup devrait être un coup du joueur ayant les noirs.

Que veut dire bxc8=C# ?

Le pion en b7 prend la pièce qui se trouve en c8, et est promu en Cavalier ce qui provoque le Mat.

Retour au PGN : God save the Queen !?

Il fallait s’y attendre, on ne note pas les coups en français dans le fichier PGN, mais en anglais. Ainsi il conviendra de bien noter les coups des pièces en anglais.
Voici le tableau de correspondance, avec les lettres utilisées en Gras.

Le nom des pièces
en Françaisen Anglais (PGN)
Roi King
Dame Queen
Tour Rook
Cavalier kNight
Fou Bishop

Ainsi, Te8 deviendra donc Re8 en notation algébrique anglaise, alors que Cf3 deviendra Nf3.

Et donc notre exemple Italienne se retrouve ici :
1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bc4 *

L’import-export et le PGN ?

Ajout du 27/10/2022
Depuis le début, je parle DU format PGN, alors qu’il existerait 2 formats PGN d’après Wikipedia.
Le format PGN d’exportation et le format PGN d’importation.
La différence est relativement simple : dans le format d’exportation, un retour à la ligne serait nécessaire avant le quatre-vingt-et-unième charactère, alors qu’aucune limitation de longueur n’existerait en format d’importation.

D’après Wikipedia, les logiciels sont censés écrire dans le format PGN d’exportation ET sont censés lire le format PGN d’importation.
Si je ne le précise pas, j’utiliserai le format PGN d’exportation car c’est celui que vous êtes censés ouvrir quand il a été généré par un logiciel.

Pourquoi ces conditionnels ? Eh bien, si je lis la PGN-SPEC, elle indique l’utilisation de lignes de 255 caractères maximum, en incluant le caractère "retour à la ligne", et conseille la limitation à 80 caractères.

Mais revenons à la réalité : par expérience, je dirais que cette norme de "80 caractères" est communément utilisées lors de l’écriture du fichier PGN (en exportation donc), mais que les logiciels récents lisent parfaitement des PGN avec plus de 255 caractères par ligne.

L’anecdote de l’informaticien : pour ceux qui veulent connaître la raison de cette ligne de 80 caractères, il faut revenir rien de moins que 40 ans en arrière et les fameuses années 80. Les cartes graphiques de l’époque n’étaient qu’au balbutiement du format graphique -le 320x200 en 4 couleurs !-, faute de mémoire, et donc, on utilisait plutôt des résolutions en format texte. (Pour ceux qui doutent : le format texte permettait de diviser par huit la mémoire utilisée pour encoder un écran de caractères faisant chacun 8x8 pixels dans le format du standard CGA de l’époque, ou de diviser par seize dans le cas de l’utilisation du format 9x14 dans le format standard MDA- et je ne parle pas de mode couleurs !-).
Et les deux formats plébiscités à l’époque des écrans 14 pouces furent le 25 lignes de 40 caractères et le 25 lignes de 80 caractères.
Et du coup, par soucis d’efficacité, eh bien, les formats de fichiers étaient adaptés à l’envoie direct des lignes de texte vers l’écran. "On" se limitait donc à des lignes de 80 caractères dans les fichiers pour balancer directement la mémoire "fichier" dans la mémoire "écran".
Et cela est resté plus ou moins une norme d’usage pour les interfaces homme-machine en ligne de caractères. Même la NVidia GeForce 4090 qui vaut 2000 € supporte ces 2 modes textes standards !
Bref, il faut connaître le passé pour comprendre le présent : même si il a été inventé dans les années 90, le format PGN respecte cette norme d’usage, car, même à l’époque, les logiciels d’éditions de texte avaient du mal à "dépasser" cette norme (c’est ce qu’expliquent les auteurs de la PGN-SPEC).
Plus d’informations -plus précises- sur l’évolution des cartes graphiques wikipedia

Not yet, Snake ! It’s not over yet !

Vous savez dorénavant comment écrire une partie dans un fichier PGN.
Quelles informations manque-t-il ?
En fait, le format PGN permet d’écrire plusieurs parties dans un seul fichier texte.
Pour cela, on y ajoute des informations en en-têtes de partie, des informations de fin de matchs.
Et il est aussi possible d’y ajouter des annotations, des commentaires, et des variantes.

Le prochain article traitera des en-têtes.
Le suivant traitera des annotations, des évaluations de coup, des commentaires, des variantes... Bref, la réponse à la grande question.

Bref, comme le dirait Liquid Snake : "It’s not over yet !"
(Seront rares ceux qui ont la référence).

Olivier
Merci GG pour la relecture, les corrections et les annotations.


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